PLUS QUE JAMAIS AVANT, LE PARC NATIONAL DE LA BENOUE A BESOIN DE SES AMIS POUR SAUVER LES CORRIDORS DE MIGRATIONS DE LA FAUNE DU COMPLEXE DES AIRES PROTEGEES DU NORD CAMEROUN
Le complexe des aires protégées du Nord (CAP) est un ensemble d'une
trentaine de Zones d’Intérêt Cynégétiques ou ZIC (en vert) affermées par des chasseurs professionnels, de quatre Zones d’Intérêt Cynégétiques à gestion communautaire ou ZIC GC (en gris) et deux Zones d’Intérêt Cynégétiques à Cogestion dans la périphérie-ouest du Parc National de la Bénoué ou COZIC (en Jaune) reparties autour de trois
grands Parc Nationaux (Faro, Bénoué et Bouba Ndjidda) qui jouent le rôle de réservoir de ce système de gestion.
Figure 1: Complexe des aires protégées du Nord Cameroun |
Jusqu'au début des années 2000 cet ingénieux système a bien fonctionné, faisant du CAP le socle d’une industrie cynégétique et touristique florissante. Mais en 2005, avec le départ brutal de toutes les ONGs qui accompagnaient les populations riveraines, les notions de zones
agricoles et de zones à usages multiples qui ceinturaient jadis les villages
tout en laissant un passage pour la faune sauvage dans des
corridors ne sont plus respectées aujourd’hui. En dix ans, les corridors de migrations de la faune sauvage ont progessivement été transformés en champs vastes agricoles.
Figure 6 : la traction animale permet d'agrandir rapidement les surfaces mises en culture dans les aires protégées |
Les sept corridors de migrations de la périphérie ouest du Parc National de la Bénoué resssemblent de plus en plus aujourd'hui à de simples paysages agraires classiques où croiser un animal sauvage est devenu un évènement exceptionnel.
Figure 7: Champ d'arachide dans le corridor Cob de Fassa |
La course effrenée pour l'occupation des espaces protégés de la part des populations migrantes bat son plein dans les deux zones à cogestion (ZIC 1 et ZIC 4)
Figure 8: Champ d'ignames en préparation dans le corridor Cob de Buffon au Sud d |
En toute illégalité et au mépris des dispositions de la convention de cogestion signée en 2002 et de leurs propres engagements pris en 2015, les riverains détruisent tous azimuts la végetation des ZICs
Etape 1: le défrichement.Ce type de champ de souche d'arbres coupés est de plus en plus courant dans les corridors de migration de la faune sauvage de la périphérie ouest du Parc National de la Bénoué.
Etape 2; Les fours classiques où la stère de bois est mise à feu à ciel ouvert jadis nombreux à l'image de celui ci-dessous sont de plus en plus abandonnés pour les fours à charbon " Tchadiens".
Le Four Tchadien dont la techique viendrait du Tchad est une véritable calamité pour la végétation des aires protégées du Nord Cameroun. En effet, connu pour son exceptionnel rendement en charbon consiste à recouvrir de terre deux à trois stères de bois et le talus ainsi constitué est mis à feu.
Les femmes interviennent principalement dans l'extinction des fours tchadiens et le remplisssage des sacs de charbons
Les hommes sont de nouveau présents dans le remplissage final des sacs ramenés à demi-pleins
La dissimulation et le stockage des sacs à l'arrière des habitations
Malgré les efforts du service de Conservation, la vente des sacs de charbon est une activité constante
Après avoir détruit toute la végétation, inexorablement, les migrants toujours plus nombreux installent des champs de maîs, de mil, d'arachide, de soja, et d'ignames à perte de vue dans tous les sept corridors de migration de la faune
Figure 9: Champ de mais dans le corridor Cob de Fassa |
Les patrouilles d'écogardes plus fréquentes depuis le mois de Janvier 2016 avec l'appui de l'association Mayo Rey Conservation "MRC" se rendent deplus en plus compte de la progression l'envahissement des 40 000 ha d'emprise des corridors et la dégradation totale des habitats sauvages.
Figure 10: Une équipe de patrouille en charge de la surveillance des limites dans le corridor Elan de Derby
Au grand mépris de leurs engagements, les migrants qui ont envahi les corridors ne vont visiblement pas en partir comme stipulé dans leurs engagements pris en 2015. Au contraire il font de plus en plus recours à la traction animale pour agrandir leurs parcelles.
Figure 11: Un berger contôle des bêtes isolées souventà l'origine des conflits avec les agriculteurs |
Plus on s'éloigne de la route et des villages dans les corridors envahis, les écogardes découvrent des surfaces mises en cultures toujours plus grandes
Figure 12: Ecogardes dans un nouveau champ d'arachides |
Les patrouilles d'écogardes découvrent les visages de l'empiètement des corridors. Ici un abri dans le corridor hippotrague.
Figure 13: une équipe de patrouille dans les corridors |
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